Un encadrement des influenceurs pour limiter les arnaques
26 AVRIL 2023
La Rainette


POLITIQUE DIGITALE — 26 avril 2023 — Par La Rainette
Bercy a mené une concertation publique de 19 000 répondants sur l'encadrement des influenceurs. À la clé, une définition légale, une interdiction de promouvoir certains produits, et l'alignement des règles publicitaires sur celles des médias traditionnels.
12 propositions, 4 thèmes
La concertation, menée en décembre 2022 pendant trois semaines via la plateforme make.org, a recueilli les avis de 19 000 personnes sur 12 mesures déclinées en quatre thèmes :
Droits et obligations des influenceurs
Protection des consommateurs
Gouvernance du secteur
Propriété intellectuelle
53,5 % des répondants estiment qu'il est prioritaire d'établir une définition légale de l'influenceur et de son agent. Les participants jugent aussi nécessaire de renforcer les obligations légales entre influenceurs et marques.
Vers une interdiction des placements de produits esthétiques
Pour la majorité des répondants, il est nécessaire d'interdire aux influenceurs la promotion de certains produits jugés néfastes ou trompeurs : santé, pratiques chirurgicales, produits de beauté.
Dropshipping et transparence
Les utilisateurs sont de plus en plus méfiants face aux promotions touchant aux transports polluants, à la fast-fashion ou aux placements financiers. Pour mieux contrôler le travail des influenceurs, ils appellent les plateformes (Instagram, Facebook, Snapchat, TikTok, YouTube, Twitch) à s'impliquer davantage.
Protection de l'image des enfants
Le saviez-vous ? 1,1 % des parents français d'enfants de moins de 16 ans affichent leur progéniture sur les réseaux sociaux à titre professionnel.
Le 6 mars 2023, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à protéger les mineurs face aux dérives parentales — en intégrant la notion de « vie privée de l'enfant » dans la définition de l'autorité parentale du Code civil. Certains contenus pourraient être considérés comme portant atteinte à la dignité de l'enfant.
Une régulation alignée sur les médias traditionnels
Les influenceurs publiant du contenu sponsorisé seront soumis aux mêmes règles que les médias traditionnels, a indiqué Bruno Le Maire sur France Info. Les placements de produits visés en priorité concernent l'alcool : « lorsque vous avez un placement de produits d'alcool, ou d'autres placements, il faut que les mentions légales apparaissent sur les sites des influenceurs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui ».
Bruno Le Maire a estimé que Booba avait eu raison de rappeler que des dérives importantes avaient eu lieu dans le milieu.
De son côté, Magali Berdah a annoncé vouloir créer une fédération d'influenceurs pour prévenir les dérives, avec formation continue obligatoire, application, newsletter et aide juridique. Reste à voir si cela suffira à apaiser les forts mécontentements et la colère de Booba.